Nathan,
Petit prince, on n’a pas passé énormément de temps ensemble, et pourtant…
Tu restes mon petit amour, ma petite révélation de l’année dernière, celui qui du haut de ses 8 ans, m’a aidé quand j’étais un peu perdue, m’a fait voir autre chose, m’a fait rire aux éclats..
Nathan, petit cœur, on a tellement fait de choses tous les deux, tellement inventé de jeux, inventé d’histoires, chanté de chansons, et jouer au foot !
TU m’as fait jouer au foot et ce n’était pas gagné ! On a joué 4h d’affilée au badminton, je faisais tout pour perdre, pour te laisser gagner et tu me donnais tes points pour pas que je perde de trop de différence…
Nathan, petit cœur, t’aimais pas quand j’étais avec mon portable parce que je n’étais pas avec toi, ton « amoureuse » c’était toi qui le disait, mon petit amoureux aussi. Tu me faisais des déclarations, des dessins, juste pour me dire que tu m’aimais…
Nathan, petit cœur, grâce à toi je maîtrisais Mario Kart Wii mieux que quiconque, je connaissais tous les personnages et leurs histoires, je connaissais tous les raccourcis que tu te faisais un plaisir de m’apprendre pour que je puisse gagner…
Nathan, petit cœur, t’aimais pas quand on faisait les devoirs, tu restais jamais en place, j’étais toujours obligée de m’énerver, et ça te faisait rire, ah ça oui, tu rigolais toujours aux éclats quand j’essayais de m’énerver, et puis tu t’asseyais et t’écrivais parce que tu savais que je ne cèderais pas.
Nathan, petit cœur, tu m’as fait des coups en douces aussi, quand tu avais caché des chaussures dans les toilettes juste pour pas que je t’amène à l’escalade parce que tu avais peur. L’escalade, parlons-en, t’aimais pas, mais qu’est ce que tu riais là-bas, qu’est ce que tu étais fier de me montrer que t’arrivais à faire le parcours rouge « je te jure Audrey c’est le plus dur de tous !!! »
Fier un peu comme quand je suis venue t’applaudir à ton spectacle de la kermesse de l’école, papa et maman ne pouvait pas alors je suis venue, j’étais là, au premier rang, au milieu de tous ces parents amoureux de leurs enfants, et moi, un peu amoureuse de toi. Qu’est ce que tu chantais bien !
Nathan, petit cœur, tous les deux on a créé un élevage de « gendarmes », qu’est ce qu’on a ri pour tous les attraper, puis on leur a créé un petit nid douillet dans un aquarium, ils ont vécus au moins 5 jours, 5 jours où tous les jours il fallait les compter pour être sûr qu’aucun n’avait eu l’audace de s’échapper… qu’est ce que tu étais triste le jour où ils sont tous morts…
Nathan, petit cœur, tous les deux on a fait des expériences chimiques, on a ramassé des cerises, on a fait des batailles de neige, des parties de cache-cache, des heures de balançoire, des heures de piscine, des courses, on a créé des circuits de voitures… et t’aimais pas gagner parce que quand tu gagnais, moi je gagnais pas..
Nathan, petit cœur, tu me faisais tellement rire à essayer de répéter toutes mes expressions, à parler comme moi, à chanter les mêmes chansons que moi.
Nathan, petit cœur, toi qui faisait trop le fier devant l’école, le détaché qui voulait pas me faire de bisou, toi qui a mis longtemps à devenir câlin avec moi, mais toi qui aimait tellement venir te blottir dans mes bras quand tu étais fatigué ou que tu t’étais disputé avec tes sœurs.
Nathan, petit cœur, je te cache pas que quand je t’ai connu, je me suis fait beaucoup de soucis, j’ai connu un petit garçon anxieux, inquiet, ayant peur de tout, ne pouvant pas dormir tout seul, un petit garçon qui n’avait pas cette insouciance qu’ont les enfants… et puis à force de courage et de toute la force que j’essayais de t’apporter, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai parlé à ton papa, de peut être de faire consulter, te libérer de ces angoisses, il m’a écouté, et je t’ai épaulé, j’ai essayé de te donner autant que possible, et puis je t’ai vu rire, je t’ai vu heureux… J’oublierais jamais le jour où ta maman, en rentrant le soir, m’a dit « on l’entend rire depuis la rue, je l’avais jamais entendu autant rire », ça m’a fait plaisir mais ça m’a fait de la peine.
Nathan, petit cœur, nos adieux n’ont pas pu en être, malentendu avec tes parents, je ne sais pas, quoiqu’il en soit, la dernière fois que je t’ai vu, je ne savais pas encore que cela serait la dernière fois.
Nathan, petit cœur, quand je suis partie, je savais que je ne reviendrais pas, je savais que je te reverrais pas, et toi si mignon, si enfant, tu ne savais pas, tu m’as fait un tout petit bisou parce que tu ne voulais pas perdre à Mario, et tu m’as dit « bonnes vacances Audrey à biiiiientôôôôôôôt » et je suis partie, vite. Vite parce que je pleurais déjà, je pleurais de plus te revoir, je pleurais parce que je savais que c’était fini, et cette culpabilité d’avoir tout fait pour t’emmener là et te planter là comme ça, alors que rien n’était bâti, que tu étais encore tellement fragile.
Mais il fallait aussi que je vive ma vie, construire mon avenir tu comprends…
Nathan, petit cœur, je suis rentrée en pleurs chez moi, 8 mois après j’en pleure encore. 8 mois que je n’ai plus de nouvelles de toi, que je ne sais pas ce que tu deviens. Bien sûr, j’espionne le facebook de Marion, ta sœur, pour voir si elle parle de toi, des fois elle met des photos de toi, alors je les regarde et je pleure.
Nathan, petit cœur, je sais que tu dois avoir une nouvelle nounou, une nouvelle amoureuse, moi je n’ai pas remplacé mon amoureux, celui que j’ai gardé le moins longtemps mais celui avec qui j’ai passé le plus de temps. Plus de 15 heures par semaine, où tu étais seul avec moi, ça ne s’oublie pas comme ça.
Nathan, petit cœur, merci pour tout, je t’aime.


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